Le carnet de Sandy

En tant que sophrologue, je propose ici un éclairage professionnel sur le deuil, la périnatalité et d'autres thématiques à venir. Ce blog privilégie la réflexion et le partage d’expertise plutôt que les exercices pratiques, pour vous offrir un espace de compréhension et d'apaisement..

  • Dans le silence qui suit la perte d’un bébé, il y a des regards que l’on croise avec une émotion particulière : ceux des frères et sœurs. Qu’ils aient 3 ans ou 12 ans, ils traversent eux aussi ce séisme familial. En tant que maman d’un grand garçon et d’une petite étoile, et en tant que sophrologue, j’observe que mettre des mots sur l’absence est le premier pas pour que chacun retrouve sa place.

    Les « petits oubliés » du deuil

    On porte naturellement toute notre attention sur les parents, mais les frères et sœurs vivent un deuil bien réel. Ils perdent un rôle qu’ils avaient déjà commencé à imaginer : celui de « grand ».

    Pour un enfant ou un adolescent, la tristesse des parents est comme une météo instable. Sans explications, ils peuvent se sentir perdus, s’imaginer coupables ou craindre que la joie n’ait plus sa place à la maison.

    Briser le silence : dire la vérité avec douceur

    Le plus grand poids pour un enfant n’est pas la tristesse, mais le mystère. Il est essentiel d’expliquer ce qui se passe avec des mots simples et vrais, adaptés à leur âge.

    Il faut leur dire que ce n’est la faute de personne — ni la nôtre, ni la leur. Leurs pensées, même les plus « mélangées » (comme la jalousie ou la peur), sont comme des petits nuages qui passent dans le ciel : elles n’ont pas le pouvoir de faire du mal. Dire la vérité, c’est les autoriser à ne pas porter un secret trop lourd pour eux.

    Transformer l’absence en lien

    En sophrologie, nous aidons les enfants à exprimer ce qu’ils ressentent quand les mots manquent. On peut les encourager à créer un lien symbolique avec ce petit frère ou cette petite sœur que l’on ne peut pas tenir dans nos bras.

    Cela peut être un dessin, un nom secret, ou simplement choisir une étoile plus brillante que les autres dans le ciel. Ce ne sont pas seulement des gestes d’enfants ; c’est une manière de transformer une douleur qui pique en une présence douce qui accompagne la famille.

    Un chemin ensemble : le « pansement de douceur »

    Nous voulons souvent protéger nos enfants de notre peine. Pourtant, voir ses parents pleurer peut aussi apprendre à l’enfant que l’émotion est naturelle, comme une fontaine qui déborde parce que l’amour est trop grand.

    À 12 ans comme à 5 ans, un enfant a besoin de se sentir utile. Leurs câlins sont de véritables petits « pansements de douceur » sur notre chagrin. En partageant cette épreuve, nous leur montrons que l’amour ne s’efface jamais et qu’il nous rend, malgré tout, plus forts et plus unis.

    Conclusion : Une lumière pour tous

    Mettre des mots sur l’absence, ce n’est pas assombrir la vie de nos enfants. C’est leur donner le droit d’appartenir à l’histoire de la famille. Cette petite étincelle de vie est devenue une lumière qui reste accrochée à nos cœurs. En l’honorant ensemble, nous permettons à chaque membre de la fratrie de continuer à grandir, porteur d’une cicatrice de soie qui, loin de les freiner, leur donne une profondeur d’âme et une force immense pour l’avenir.

    Ecrit par Sandy OLLE, le 30.01.2026, sophrologue certifiée

  • Après avoir perdu un enfant, on se sent souvent déconnectée de tout, comme si le sol s’était dérobé sous nos pieds. En tant que maman ayant vécu ce deuil et en tant que sophrologue, j’aimerais partager avec vous une réflexion sur deux forces qui nous aident à tenir : l’ancrage (le lien au sol) et le mouvement (le lien à la vie).

    Quand la douleur nous transforme en statue

    Le choc du deuil périnatal fige tout. Pour ne pas s’effondrer, on se construit instinctivement une sorte d’armure ou de « cuirasse ». Le dos se raidit, les épaules se contractent et on a l’impression d’avoir une pierre au creux de l’estomac, là où se logent nos émotions.

    On pense souvent que pour être « forte » et protéger son entourage, il ne faut plus bouger. On a parfois peur qu’en laissant la vie reprendre son cours, on finisse par oublier son bébé. On devient alors une « tête qui gère » le quotidien, mais on se coupe de son cœur et de son corps pour ne pas souffrir davantage. Mais cette rigidité nous épuise et finit par nous fragiliser.

    L’ancrage : retrouver un sol où se poser

    L’ancrage, c’est simplement réapprendre à habiter son corps, même quand il nous semble être devenu un lieu de souffrance ou de vide. Après un tel drame, on peut avoir l’impression que notre propre corps nous a trahies.

    Se réancrer, c’est essayer, petit à petit, de ressentir à nouveau le contact de ses pieds sur le sol. C’est se dire : « Aujourd’hui, malgré le vide, je suis là, je tiens debout ». C’est transformer cette armure de défense en une base solide. Ce n’est pas oublier, c’est trouver un point d’appui pour ne pas être emportée par la tempête.

    Le mouvement : laisser la vie respirer en nous

    Si l’ancrage nous donne une base, le mouvement nous permet de ne pas rester bloquée dans le traumatisme. Ce mouvement commence tout doucement par la respiration.

    Même quand tout semble arrêté, notre souffle continue son voyage. En sophrologie et en Taï-chi, on observe que le mouvement aide à libérer les tensions bloquées. Desserrer un peu les épaules ou prendre une inspiration plus profonde n’est pas une trahison. C’est accepter que nos émotions puissent circuler à travers nous sans nous briser.

    Le mouvement nous apprend que l’on peut avancer tout en portant son enfant dans son cœur. La petite lumière de notre bébé brille avec la même intensité, que l’on soit immobile ou que l’on recommence à marcher.

    Retrouver une solidité intérieure, ce n’est pas redevenir « comme avant ». C’est devenir comme le roseau : on reste bien plantée dans le sol (l’ancrage), mais on s’autorise à plier sous le vent de la tristesse sans se casser (le mouvement).

    Cette « cicatrice de soie » que nous portons à l’âme ou au corps fait désormais partie de notre histoire. Elle ne nous empêche pas d’avancer ; elle nous donne une force différente, plus humaine, pour cheminer vers une reconstruction pas à pas.

    Ecrit par Sandy OLLE, le 19.01.2026, sophrologue certifiée

  • Dans l’ouragan du deuil périnatal, il y a une figure que l’on voit sans vraiment la regarder : le père.

    Tandis que toute l’attention se porte naturellement sur la mère, le père, lui, se retrouve souvent projeté dans le rôle de « parent de l’ombre ». On attend de lui qu’il soit le roc, le pilier, celui qui gère l’administratif, les aînés et le quotidien, tout en protégeant celle qu’il aime. Mais derrière ce rôle de protecteur, il y a un homme qui vient, lui aussi, de perdre son enfant.

    1. Le Piège de l’Impuissance : « Je dois être fort »

    Le premier choc pour un père, c’est souvent celui de l’impuissance. Dans notre société, on a appris aux hommes qu’ils devaient être des « apporteurs de solutions ». Or, face à la perte d’un bébé, il n’y a rien à réparer.

    Le père voit sa compagne souffrir physiquement et émotionnellement, et ce sentiment de ne rien pouvoir faire pour la « sauver » est une torture silencieuse. Pour ne pas rajouter de peine à la peine, il choisit souvent d’étouffer ses propres larmes. Il se dit : « Ma douleur est secondaire, c’est elle qui a tout subi dans son corps ». C’est ainsi que le parent de l’ombre s’efface, petit à petit.

    2. Le Corps pétrifié : L’armure du silence

    Même s’il n’a pas porté l’enfant dans son ventre, le père reçoit le choc dans son propre corps. Comme je l’explique souvent, le traumatisme ne reste pas que dans la tête, il s’inscrit dans les muscles.

    • La Cuirasse : Pour tenir debout et assurer le quotidien, le père se construit une véritable « armure ». Ses épaules se tendent, son dos se raidit.
    • Le Plexus solaire verrouillé : Au creux de l’estomac, là où l’on ressent les émotions, tout devient dur comme de la pierre. C’est un mécanisme de défense : s’il s’autorise à ressentir une seule émotion, il a peur que toute son armure n’éclate.
    • La déconnexion : Il finit par devenir une « tête qui gère » déconnectée d’un cœur qui hurle. Ce n’est pas de l’indifférence, c’est de la survie.

    3. Le Deuil des « Bras Vides » : Une douleur légitime

    On oublie trop souvent que le père a, lui aussi, investi cet enfant. Il a imaginé les jeux, les premiers pas, l’avenir. Sa perte n’est pas « moins grave » parce qu’elle n’est pas hormonale. Elle est tout aussi réelle.

    Le deuil du père est celui des bras vides. C’est la douleur de ne pas pouvoir exercer ce rôle de protecteur qu’il attendait tant. Quand on lui demande : « Comment va la maman ? » sans jamais lui demander comment il va, lui, on invalide son chagrin. On lui signifie indirectement qu’il n’a pas vraiment le droit de souffrir.

    4. Briser le silence pour se retrouver

    Sortir de l’ombre, ce n’est pas cesser de soutenir sa compagne. Au contraire. C’est comprendre qu’un pilier qui ne respire plus finit par s’effondrer sur ceux qu’il protège.

    Reconnaître sa douleur, c’est s’autoriser à dire : « Je suis triste, moi aussi ». C’est accepter que la vulnérabilité ne soit pas une faiblesse, mais une preuve d’amour immense. En sortant de sa cuirasse, le père permet au couple de se rejoindre. Ils ne sont plus deux solitudes côte à côte, mais deux parents qui traversent la même tempête, main dans la main.

    Conclusion : La lumière du père

    Il est temps de redonner sa place au père. Il n’est pas qu’un accompagnateur ; il est un parent endeuillé à part entière.

    La « cicatrice de soie » dont je parle dans mon livre ne marque pas seulement le corps des mères, elle marque aussi l’âme des pères. Honorer cette cicatrice chez l’homme, c’est permettre à toute la famille de cheminer vers une reconstruction plus juste et plus humaine. Car la petite lumière de l’enfant disparu brille avec la même intensité dans le cœur de ses deux parents.

    Ecrit par Sandy OLLE, le 12.01.2026, sophrologue certifiée

  • La perte d’un enfant est une déflagration qui ébranle chaque membre de la famille, sans exception. Mais au-delà de la déchirure de l’âme, il existe une vérité brutale que le silence entoure souvent : celle du corps. Un corps qui, lui, continue d’être parent alors que ses bras sont vides. C’est ce que j’appelle l’état de siège.

    1. La Trahison Biologique : Quand le corps ne sait plus

    Après la perte, une colère sourde s’installe souvent. On en veut à ce corps qui semble poursuivre son programme biologique de manière absurde, comme une machine qui ne recevrait pas l’ordre de s’arrêter.

    • Le syndrome de la « maison vide » : Tandis que le silence envahit la maison, le corps, lui, manifeste l’attente. Les seins se tendent pour un allaitement qui n’aura pas lieu, le ventre garde l’empreinte de la vie, et les hormones chutent comme si l’on tombait dans un précipice sans fond.
    • Le sentiment de trahison : On finit par rejeter cette enveloppe physique qui nous rappelle, à chaque battement de cœur, ce qui nous manque. Pour une mère, le deuil n’est pas un concept abstrait, c’est une sensation physique de « ventre-silence », un creux qui hurle.

    2. La Physiologie du Choc : De la Cuirasse au Nœud

    Sous l’impact du traumatisme, notre être se fragmente. Pour survivre à l’insupportable, nous nous coupons en deux : une « tête qui pense » déconnectée d’un « corps qui subit ».

    • Le manque hormonal : La disparition brutale de l’ocytocine (l’hormone de l’attachement) crée un sevrage physique terrifiant, un manque que rien ne semble pouvoir combler.
    • Le Plexus Solaire pétrifié : En Taï-chi, le plexus est la porte de nos émotions. Sous le choc, il se verrouille et devient dur comme de la pierre. L’énergie ne circule plus ; on se transforme en une « cuirasse » rigide pour ne pas s’effondrer.
    • La Respiration de Survie : Le deuil agit comme une main qui serre la gorge. On ne respire plus que par petits hoquets, en haut de la poitrine. On a peur de prendre une grande inspiration, car remplir ses poumons reviendrait à laisser entrer toute l’ampleur de la douleur.

    3. Sophrologie et Taï-chi : Réhabiter sa demeure

    Sortir de cet état de siège demande de réconcilier l’esprit avec le corps, car c’est en lui que tout se joue : la vie, la perte, mais aussi la cicatrisation.

    • La Sophrologie (Votre structure) : Elle agit comme une boussole. Par des exercices simples de tension et de relâchement (Isocay), elle aide à stabiliser le mental et à reprendre conscience de son corps de manière positive. C’est envoyer un message de paix à son cerveau : « Ici, c’est moi, et je suis vivant(e) ».
    • Le Taï-chi (Votre flux) : Cette pratique est une danse de lenteur. Elle permet de remettre du mouvement là où la douleur a tout pétrifié. Elle nous apprend à devenir comme l’eau : capable de rencontrer l’obstacle, de le contourner et de continuer à couler.

    On ne guérit pas du deuil périnatal pour redevenir « comme avant ». On devient « autre ». En apprenant à réhabiter ce corps malgré l’absence, on transforme petit à petit la brûlure du souvenir en une présence plus douce, une force intérieure intégrée à notre histoire.

    Le chemin est exigeant, parfois escarpé, mais chaque respiration consciente est un pas de plus vers un équilibre retrouvé. Vous n’êtes pas seul(e) sur ce sentier.

    Ecrit par Sandy OLLE, le 06.01.2026, sophrologue certifiée

  • La Petite Lumière Qui Vit Dans Nos Cœurs ✨

    Mon chéri, j’aimerais te raconter une histoire toute douce pour t’expliquer quelque chose qui rend le cœur des grands un peu lourd aujourd’hui.

    Imagine que, dans le ventre de maman, il y avait une toute petite balle de vie. C’était une petite personne minuscule, comme une étincelle de magie qui commençait son voyage. On protégeait cette petite balle très fort avec tout notre amour.

    Mais parfois, pour des raisons que même les papas et les mamans ne comprennent pas toujours, cette petite balle de vie n’a pas pu grandir assez pour devenir un grand enfant et venir nous faire « coucou ». C’est un peu comme une petite bougie qui s’est éteinte tout doucement avant d’avoir eu le temps de s’éclairer complètement.

    Il y a une chose que je veux que tu gardes bien dans ton cœur : ce n’est jamais la faute de personne. Ce n’est pas la faute de papa, ni celle de maman. Et ce n’est surtout pas la tienne. Parfois, on peut avoir des pensées un peu mélangées : on peut être un peu jaloux, avoir peur que cette petite personne prenne ta place, ou même se dire qu’on préférerait être tout seul avec ses parents. Sache qu’une pensée ne peut jamais faire de mal. Tes pensées sont comme des petits nuages qui passent dans le ciel ; elles n’ont pas le pouvoir d’arrêter la petite balle de vie. C’est juste la nature qui en a décidé ainsi.

    Cette petite personne n’est pas partie loin. Elle a fait un voyage très rapide pour devenir quelque chose de magnifique : une étincelle de lumière qui reste toujours accrochée à notre cœur.

    Tu peux l’imaginer comme un petit oiseau qui s’est envolé très haut pour veiller sur nous. Quand tu regarderas le ciel la nuit et que tu verras une étoile qui scintille très fort, c’est peut-être cette petite âme qui t’envoie un bisou magique !

    Tu verras peut-être maman ou papa avec des larmes dans les yeux. C’est parce que notre amour pour cette petite personne est si grand qu’il déborde, un peu comme l’eau d’une fontaine.

    Dans ces moments-là, on a besoin de toi. Tes câlins sont comme des petits pansements de douceur sur notre chagrin. Quand tu nous serres fort, ton amour nous aide à aller mieux.

    Même si on ne peut pas tenir cette petite personne dans nos bras, elle existe pour toujours dans nos histoires. On peut lui donner un petit nom secret que nous seuls connaissons, ou choisir une couleur qui nous fait penser à elle. Tu peux aussi lui faire un beau dessin pour lui envoyer dans les nuages.

    Le plus important, c’est que l’amour que nous avons pour cette petite balle de vie ne s’effacera jamais. Cet amour nous rend encore plus forts et nous serre encore plus fort les uns contre les autres.

    Ecrit par Sandy OLLE, le 23.12.2025, sophrologue certifiée

  • Le deuil périnatal – qu’il s’agisse d’une fausse couche, d’une interruption médicale de grossesse (IMG), d’une mort in utero ou du décès d’un bébé peu après la naissance – est une épreuve qui dévore les ressources physiques et émotionnelles des parents. Il marque la fin d’une attente, le brisement d’un projet de vie, et une douleur souvent vécue dans la solitude et le silence.

    Dans ce contexte de vulnérabilité extrême, la sophrologie propose un accompagnement structuré, bienveillant et concret. Elle aide les parents à gérer les répercussions physiques du choc, à naviguer dans le tsunami émotionnel et à retrouver le chemin vers un équilibre intérieur.

    a. Le Deuil Périnatal : Quand le Corps et l’Esprit Sont en Crise

    Le deuil périnatal est unique, car il est un choc psychologique indissociable d’un traumatisme corporel et hormonal, particulièrement chez la mère.

    Le Corps : Lieu du Drame et de la Confusion

    Le corps de la mère a été mobilisé pour donner la vie. Après la perte, il se retrouve en déséquilibre total :

    • Choc Hormonal : La chute des hormones de grossesse s’ajoute souvent à la montée de lait, un processus physiologique qui entre en contradiction brutale avec la réalité du vide. Ce chaos intensifie la confusion et le désarroi.
    • Stress et Tensions : L’anxiété et la tristesse extrêmes provoquent des tensions musculaires chroniques, des troubles digestifs et des difficultés majeures à trouver le sommeil. Le corps réagit en mode survie, rendant le repos impossible.
    • L’Image Corporelle : Le ventre, autrefois source de joie et d’attente, peut devenir un lieu de rejet et de culpabilité, remettant en cause le sentiment d’intégrité corporelle.

    Le rôle de la sophrologie est d’intervenir rapidement pour apaiser le corps souffrant, condition sine qua non pour que l’esprit puisse commencer à faire son travail de deuil.

    b. Écoute, Respect et Reconnaissance : Les Piliers de l’Accompagnement

    L’efficacité de la sophrologie repose avant tout sur une posture d’accompagnement spécifique et non-jugeante :

    b1. Le Respect du Rythme et de l’Être Endeuillé

    Le sophrologue adopte une approche de respect phénoménologique. Cela signifie que :

    • L’écoute est inconditionnelle : Chaque séance est un espace sécurisant où l’endeuillé peut exprimer sa douleur, sa colère ou son silence, sans crainte d’être jugé ou pressé.
    • Le rythme est personnel : Le deuil n’est pas linéaire. L’accompagnement s’adapte aux fluctuations de l’état émotionnel (les « vagues » de chagrin) de la personne, sans imposer d’étapes prédéfinies ni de calendrier de « guérison ».
    • L’autonomie est encouragée : La sophrologie ne rend pas dépendant. Elle transmet des outils simples et personnels (respiration, mouvements) que la personne peut utiliser chez elle, dans son quotidien, pour reprendre la main sur son corps et ses émotions.
    b2. La Reconnaissance de l’Enfant Décédé

    Un aspect fondamental du deuil périnatal est la reconnaissance de la réalité de cet enfant dans la vie de ses parents, quelle que soit la durée de la grossesse.

    • Validation du Lien : Le sophrologue valide et honore l’existence et la place de l’enfant dans le cœur des parents. Cela permet de légitimer la douleur et le droit au deuil.
    • Travail du Souvenir : Les techniques de visualisation ne visent pas à oublier, mais à aider les parents à créer un lieu symbolique et apaisé pour le bébé perdu. C’est un travail de transformation de la souffrance en une mémoire douce, où le lien d’amour peut perdurer sans être destructeur. Cela peut se faire par l’ancrage d’une image, d’une sensation de présence, ou d’un moment d’amour partagé.

    c. Le Deuil de la Fratrie : Un Silence à Brisées

    Le deuil des frères et sœurs est souvent le grand oublié de l’accompagnement périnatal. Pour un enfant, perdre un futur frère ou une future sœur est une expérience complexe, mêlant confusion, tristesse et anxiété.

    • Confusion et Peur : L’enfant observe la souffrance des parents, mais n’a pas toujours les mots pour comprendre. Il peut se sentir coupable, ou développer une peur de la mort ou de l’abandon.
    • Perte du Rôle : L’enfant perd son futur rôle de « grand frère » ou « grande sœur », un rôle qui était peut-être déjà imaginé et valorisé.

    L’Accompagnement Sophrologique pour la Fratrie

    La sophrologie, dans une approche adaptée à l’âge, peut être un excellent soutien pour les enfants :

    • Mettre des Mots et des Images : La sophrologie utilise des techniques ludiques (le dessin, la métaphore) pour aider l’enfant à exprimer ses émotions (tristesse, colère) qu’il ne parvient pas à nommer.
    • Apaiser les Peurs : Des exercices simples de respiration et de détente aident l’enfant à calmer son corps en cas d’anxiété ou de troubles du sommeil.
    • Créer un Lien Symbolique : La visualisation d’un lieu sécurisant pour le bébé perdu permet à l’enfant de faire ses adieux à son propre rythme et de maintenir un lien d’amour sans que cela soit une source d’angoisse. Il apprend ainsi à transformer la tristesse en un souvenir précieux.

    d. L’Apport Concret de la Sophrologie

    La sophrologie intervient grâce à des techniques de relaxation et de conscience du corps pour offrir aux parents des outils pour se stabiliser.

    d1. La Régulation du Système Nerveux

    Le premier pas est de ramener un sentiment de sécurité et de calme immédiat :

    • La Respiration Consciente : Les exercices de respiration abdominale sont enseignés pour permettre aux parents de retrouver un rythme lent et profond. C’est le moyen le plus rapide d’indiquer au cerveau que le danger immédiat est passé, diminuant ainsi les palpitations et l’état d’alerte permanent.
    • L’Ancrage : Des exercices simples aident à se connecter au moment présent (à la sensation des pieds sur le sol, par exemple). Cet ancrage physique est vital pour contrer les pensées intrusives et les flash-backs qui caractérisent le stress post-traumatique.
    d2. Libérer et Gérer les Émotions Intenses

    La colère, la culpabilité et la tristesse ne peuvent être bloquées sans conséquences.

    • Évacuation des Tensions : Des mouvements doux de détente et de relâchement sont utilisés pour libérer les tensions physiques accumulées sans avoir besoin de parler ou d’analyser. L’intégration de mouvements fluides, comme ceux inspirés du Taïchi (que vous pratiquez), est particulièrement efficace pour permettre aux émotions de « circuler » plutôt que de rester bloquées.
    • Accueil Sans Jugement : La sophrologie enseigne à observer ses émotions sans les juger ni s’identifier à elles. On apprend à se dire : « J’observe ma colère » plutôt que « Je suis en colère ». C’est un pas essentiel vers la distanciation et l’acceptation progressive du chagrin.

    e. Reconstruction : Du Corps Traumatisé au Corps Ressource

    L’accompagnement sophrologique vise ensuite à transformer la relation que les parents entretiennent avec leur corps et leur avenir.

    • Réconciliation Corporelle : Par des visualisations ciblées, la sophrologie aide la mère à apaiser la zone du ventre, à le reconnaître à nouveau comme son propre espace. Il s’agit de séparer la perte de l’identité, permettant au corps de redevenir un lieu de ressources et non plus de souffrance.
    • Le Lien d’Amour Intégré : Le travail sophrologique permet aux parents de s’approprier le souvenir de l’enfant dans un espace intérieur sécurisé, permettant à la blessure de se refermer sans effacer le souvenir.
    • Retrouver l’Espoir : Dans un second temps, les techniques de projection positive sont utilisées pour réactiver les désirs et les valeurs de vie des parents. Cela permet, pas à pas, d’envisager un futur sans l’enfant perdu, mais avec de nouveaux projets et une vitalité retrouvée. C’est se redonner le droit de vivre et d’espérer.

    En offrant une approche structurée, basée sur l’écoute active et le respect absolu de la personne et de son deuil, la sophrologie est un soutien essentiel pour les parents et la fratrie traversant le deuil périnatal. Elle les guide avec respect vers la reconnaissance de leur douleur et vers une reprise sereine de leur chemin de vie.

    Ecrit par Sandy OLLE, le 12.12.2025, sophrologue certifiée

  • Le deuil est une épreuve de la vie d’une intensité rare. Face à la perte d’un être cher, tout notre équilibre est ébranlé : notre corps réagit, nos émotions nous submergent et notre esprit peine à retrouver la clarté. Ce n’est pas un simple moment de tristesse, mais un processus profond qui exige du temps et un accompagnement adapté.

    La sophrologie, une approche qui unit le corps et l’esprit, offre un cadre précieux pour traverser cette période. Elle aide la personne endeuillée à gérer l’impact physique et émotionnel de la perte et à retrouver, pas à pas, le chemin de la sérénité.

    L’Impact Réel du Deuil sur le Corps et l’Esprit

    Il est crucial de comprendre que le deuil n’est pas seulement dans la tête ; il se loge aussi dans le corps.

    💔 Le Cœur Émotionnel et Physique

    La tristesse intense, la colère, ou le déni qui caractérisent le deuil sont souvent accompagnés de manifestations physiques concrètes :

    • Tensions musculaires : Beaucoup d’endeuillés ressentent des douleurs, notamment au niveau de la nuque, du dos ou de l’estomac, signes d’un stress permanent.
    • Troubles du sommeil et de la concentration : L’esprit est en surchauffe, ce qui rend difficile l’endormissement ou la concentration sur des tâches simples. C’est le signe que notre système nerveux est en alerte maximale.
    • Épuisement : La gestion des émotions liées à la perte consomme une quantité phénoménale d’énergie, laissant la personne souvent vidée.

    Ces symptômes montrent que le deuil active un mécanisme de stress puissant. L’objectif de l’accompagnement est d’aider le corps à se détendre profondément pour que l’esprit puisse, à son tour, s’apaiser.

    🧘 La Sophrologie : Retrouver l’Ancrage et la Respiration

    La sophrologie utilise des techniques simples de relaxation et des exercices de respiration pour agir directement sur ces manifestations physiques.

    1. Apprendre à Se Poser

    Le sophrologue guide la personne vers un état de détente profonde, à mi-chemin entre l’éveil et le sommeil. C’est dans cet espace de calme que le corps peut enfin lâcher prise :

    • La respiration consciente : En se concentrant sur une respiration lente et profonde par le ventre, on envoie un message de sécurité au cerveau. C’est la première étape pour faire baisser l’état d’alerte et retrouver un peu de calme immédiat.
    • La détente musculaire : Des exercices simples de contraction et de relâchement aident à prendre conscience des tensions accumulées et à les évacuer physiquement.

    2. Réactiver le Positif

    Quand on est en deuil, l’esprit a tendance à se focaliser uniquement sur la souffrance, le manque, et les souvenirs douloureux. La sophrologie propose des visualisations et des exercices pour :

    • Renforcer les capacités qui restent : Se remémorer des moments agréables, des réussites passées, ou des ressources positives (calme, courage, tendresse). Il ne s’agit pas de nier la douleur, mais de réactiver la capacité à sentir du positif à l’intérieur de soi.
    • Préparer l’avenir : Par des projections douces et progressives, elle aide à envisager l’avenir sans la culpabilité et la peur, jetant les bases d’une reconstruction saine.

    ☯️ L’Harmonie du Mouvement : La Force du Taïchi dans le Deuil

    L’intégration de mouvements doux, issus notamment du Taïchi Chuan, enrichit considérablement l’accompagnement sophrologique. Ces mouvements, lents et fluides, sont particulièrement bénéfiques pour la personne en deuil :

    • Lâcher-prise et Fluidité : Les mouvements circulaires et continus du Taïchi apprennent au corps à se mouvoir sans effort, reflétant la nécessité de « laisser couler » les émotions sans les bloquer. Cela aide à dénouer les pensées obsédantes et les ruminations.
    • L’Ancrage au Sol : Le Taïchi insiste sur une posture stable et les pieds bien enracinés. Ce travail d’ancrage physique est essentiel pour retrouver un sentiment de solidité intérieure et de sécurité quand tout semble s’effondrer autour de soi.
    • L’Énergie Retrouvée : La pratique régulière de ces mouvements doux permet de mobiliser l’énergie vitale de manière non fatigante, combattant l’épuisement profond souvent ressenti lors du deuil. Elle offre un sentiment de reprise en main de son corps et de sa vie.

    Deuil et Sophrologie : Les Étapes Vers l’Acceptation

    Le deuil se déroule par étapes (choc, colère, tristesse, acceptation), qui ne sont jamais linéaires. La sophrologie apporte un soutien sur mesure pour chacune d’elles :

    1. Face à la confusion (Choc) : Les exercices de respiration et de concentration sur les sensations du corps aident à ramener la personne dans l’instant présent et à stabiliser les émotions.
    2. Face à l’agitation (Colère/Anxiété) : Les mouvements doux mais toniques (inspirés du Taïchi ou des relaxations dynamiques) permettent d’évacuer la tension et l’agressivité sans violence, libérant ainsi l’énergie bloquée.
    3. Face à la douleur (Tristesse) : Le renforcement des capacités et le travail sur l’image de soi aident à retrouver sa valeur et à se souvenir que la vie peut reprendre, même en portant le souvenir de l’être aimé.
    4. Vers la Reconstruction : La sophrologie aide à intégrer la personne disparue dans la mémoire sans que cela ne soit une source de souffrance permanente, ouvrant la voie à une nouvelle définition de soi.

    Un Nouveau Pont vers la Vie

    La sophrologie n’est pas une thérapie visant à oublier la perte. C’est une méthode d’accompagnement qui donne à la personne endeuillée des outils concrets pour faire face, pour écouter son corps qui parle, et pour transformer le souvenir douloureux en une mémoire apaisée.

    Elle représente un engagement actif vers la guérison et l’autonomie. En Sophrologie, on apprend à mobiliser ses propres ressources pour traverser l’épreuve et pour retrouver, malgré la cicatrice, la joie et le sens de sa propre existence.

    Ecrit par Sandy OLLE, le 01.12.2025, sophrologue certifiée

  • Bonjour à tous et bienvenue !

    Bienvenue dans mon espace de partage. Je suis Sandy OLLE, je suis sophrologue certifiée, et je suis ravie de vous accueillir dans ce que j’appelle affectueusement « Le carnet de Sandy ».

    Ce blog est né de mon désir de mettre en lumière des réflexions simples et accessibles sur des sujets essentiels qui touchent notre équilibre et notre résilience. Ce blog est avant tout un lieu où je partage mes réflexions, mes analyses et des informations de fond pour éclairer et sensibiliser sur les thèmes qui me tiennent à cœur, avec une approche profondément humaine.

    Mon expertise : L’Humain au centre

    Mon parcours est ancré dans l’accompagnement humain, bien avant la sophrologie. J’ai passé plusieurs années enrichissantes comme auxiliaire de vie, aux côtés de personnes très vulnérables, y compris celles en fin de vie ou faisant face à des maladies graves. Cette expérience a été une véritable école de l’empathie et de l’humilité.

    J’en ai tiré des qualités fondamentales qui nourrissent ma pratique actuelle : une écoute sincère et affûtée — pour décoder ce que les mots ne disent pas — et une présence qui respecte le rythme et l’histoire de chacun. J’ai compris que l’Humain est au centre de tout. C’est pourquoi j’ai choisi la Sophrologie Caycédienne, une méthode complète, profonde, et avant tout humaine.

    Les thèmes abordés ici

    Mes articles sont des éclairages pour mieux comprendre certaines épreuves et mécanismes. Ils aborderont régulièrement ces sujets :

    • Le Deuil : Qu’il s’agisse du deuil classique ou, plus spécifiquement, du deuil périnatal, je partagerai mon expérience pour nommer les mécanismes et les besoins qui y sont liés mais aussi les besoins en accompagnement.
    • Le Stress et l’Anxiété : Comment ces états se manifestent et comment la sophrologie permet de les aborder.
    • Les Problèmes de Sommeil : Des analyses sur l’impact de ces troubles sur notre équilibre.
    • Bien d’autre sujets viendront : Par ex. : nos ainés et le bien-être, les enfants et la reconnaissance des émotions.

    Mon activité d’accompagnement

    Bien que ce blog soit un espace d’information et de réflexion, je continue d’accompagner en séance personnalisée (adultes et enfants) les personnes qui souhaitent utiliser concrètement la sophrologie pour :

    • Gérer leur stress, l’anxiété et les problèmes de sommeil.
    • Traverser un deuil ou une transition de vie.

    Je propose mes séances en visio, en m’appuyant sur la richesse de la méthode Caycédienne et en y intégrant des techniques de Taï Chi.

    Mon engagement, ici comme en consultation, est d’apporter professionnalisme, bienveillance et respect.

    Au plaisir d’échanger avec vous sur ces thèmes essentiels.

    À très vite !

    Sandy OLLE – Sophrologue Certifiée

Le carnet de Sandy

En tant que sophrologue, je propose ici un éclairage professionnel sur le deuil, la périnatalité et d'autres thématiques à venir. Ce blog privilégie la réflexion et le partage d’expertise plutôt que les exercices pratiques, pour vous offrir un espace de compréhension et d'apaisement..

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